L’Association de sauvegarde des bois de Ballens et environs (ASBBE) est membre de la coalition Objectif Climat. Elle s’est créée en urgence le 24 juin 2024 pour s’opposer à un projet menaçant un écosystème d’envergure dans les bois de Ballens, situés au pied du Jura. Mardi 9 juin, elle a déposé sa pétition au Grand Conseil vaudois avec 15’160 signatures pour demander l’abandon du projet de grande gravière.
RAPPEL DES ENJEUX
Le bois du Sépey, situé sur la commune de Ballens, fait partie du réseau de forêts millénaires au Pied du Jura. Un projet de gravière y est prévu : plus de 90 hectares de forêt sont menacées pour un projet d’exploitation par les entreprises Holcim et Orlatti. Ces deux entreprises creuseront le sol sur une profondeur de 20 à 25 mètres en moyenne. Selon l’association, 18.5 millions de mètres cubes de matériaux en seront extraits, soit 6 fois le Mormont 1. Ce projet a pour but d’extraire des granulats pour la production de ciment et de béton, des matériaux qui sont aujourd’hui omniprésents dans la construction.

Cette exploitation gigantesque entraînera la destruction de manière irréversible à court et moyen termes d’une immense forêt et de tout un écosystème. Elle affectera la population d’une région étendue, touchant de nombreux villages, en induisant des nuisances de plusieurs ordres et des dégâts sur des ressources essentielles.
Le bilan carbone n’offre pas de chiffres consolidés pour l’extraction, la production et l’utilisation du béton. Mais nous savons que la gravière d’Holcim à Éclépens représente 9% des émissions territoriales. L’ouverture d’une nouvelle gravière empêchera donc l’atteinte des objectifs.
réduire l’utilisation du béton
Nous devons réfléchir à notre consommation de ressources et à notre dépendance au béton. Selon l’audit de l’EPFL du Plan climat première génération, il faudrait réduire de 70% l’utilisation du ciment d’ici à 2050.
Alors que des solutions existent — recyclage des matériaux, rénovation, alternatives au béton — persister dans un tel projet contredit nettement les intentions du Plan climat vaudois. Abandonner ce projet semble primordial au vu des engagements climatiques pris par le gouvernement.
L’ASBBE, rejointe par de nombreuses citoyennes et de nombreux citoyens, demande l’abandon de tous les projets de gravières dans les forêts du Pied du Jura.
Une interpellation a été déposée
Le même jour, une interpellation a été déposée à ce sujet par le député Yannick Maury (Vert-e-s). L’interpellation questionne la cohérence entre les ambitions climatiques du canton et sa planification actuelle en matière de production et d’utilisation du béton, tout en demandant une stratégie plus claire de réduction du ciment et de promotion de matériaux alternatifs. Elle relève notamment le décalage entre les objectifs ambitieux du Plan climat vaudois (−70 % d’émissions de CO₂ d’ici 2040), les recommandations d’un audit de l’EPFL préconisant une réduction de 70% de l’usage du ciment d’ici 2050 et le Programme de gestion des carrières 2024, qui ne prévoit qu’une baisse de 0 à 20% de l’utilisation du béton.
Le député demande au Conseil d’État :
- De préciser les mesures envisagées pour promouvoir des matériaux de construction alternatifs et favoriser une évolution des pratiques de construction ;
- De fournir un bilan consolidé des émissions de CO₂ du secteur de la construction, incluant les carrières, les gravières, les transports, la fabrication du béton et les chantiers ;
- D’expliquer quelle stratégie sera mise en place pour réduire l’utilisation du béton en cohérence avec les objectifs climatiques cantonaux.
- D’indiquer comment le PGCar pourrait être modifié ou réduit afin de limiter l’extraction de matériaux et d’atteindre les objectifs climatiques.
La réponse du Conseil d’Etat est attendue d’ici le mois de septembre.
Ressources complémentaires
Lire l’argumentaire complet de l’ASBBE : Le grand argumentaire pour sauver notre forêt de Ballens – Association pour la Sauvegarde des Bois de Ballens et environs











Photos prises par l’ASBBE




